CINEMA WALLONIE
Association des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel indépendants de Wallonie
TEXTE PARU DANS CWINFO, n° 1, mars 1999


LE CINEMA EN REGION WALLONNE

Un colloque international est organisé par Cinéma Wallonie et le Festival du Film Social de Charleroi les 27 et 28 mars 1999 sur les thèmes de la production et de la diffusion en régions.

Un peu partout, en Europe, depuis quelques années, les Régions ont décidé, à des degrés divers, d'investir dans la production audiovisuelle.

Les raisons sont de plusieurs ordres. D'abord, l'audiovisuel est un secteur économique aux perspectives d'avenir encourageantes et qui permet de nombreuses retombées directes lors d'un tournage: emploi de personnel, dépenses hôtelières, recours à des prestataires locaux... Ensuite, les produits audiovisuels de qualité réalisés dans une région permettent de valoriser l'image de celle-ci bien au-delà des frontières, et peut ainsi susciter de nouvelles envies d'échanges commerciaux, de partenariat...

Les aides octroyées par les régions au cinéma le furent par le biais de "Film Commissions" ("Commission du Film"), aujourd'hui regroupées dans un réseau européen. Elles sont bicéphales et interviennent sur deux plans.

D'une part, les Régions investissent en prêtant de l'argent à une production afin d'inciter celle-ci à tourner chez elle.

D'autre part, gérant une véritable banque de données, la plupart d'entre elles remplissent un rôle de structure d'accueil locale en fournissant matériel, locaux, mais aussi quantité de listes d'adresses utiles (hôtels, prestataires, comédiens, figurants et techniciens locaux,...). Par leur connaissance des terrains locaux, elles permettent aussi de rendre plus efficace le travail de repérage indispensable à un tournage.

La jeune Région Wallonne se devait de se doter d'une institution de ce type. L'ASBL, "Cinéma Wallonie", regroupant des professionnels de tous les secteurs de l'audiovisuel, présidée par le cinéaste Jean-Jacques Andrien, s'est constituée pour convaincre les instances régionales de cette nécessité. Grâce à son travail, l'actuel Exécutif de la Région met actuellement la dernière main à un projet de "Commission du Film" qui devrait prendre forme très bientôt. Un budget de 70 millions de francs belges (1,750 millions d'Ecus) y sera alloué pour un premier exercice, dont 58 millions d'aide à la production. A priori, l'aide concernerait d'abord les longs métrages de fiction.

Même si beaucoup de modalités quant au fonctionnement de ce Fonds doivent encore être affinées, l'initiative recueille l'adhésion de l'Exécutif Régional et devrait dès lors commencer à fonctionner incessamment sous peu.

Pour mettre en évidence la naissance de ce nouvel instrument d'aide à la production en Région Wallonne, l'ASBL "Cinéma Wallonie" et le Festival International du Film Social de Charleroi se proposent d'organiser les 27 et 28 mars prochain à Charleroi, dans le cadre du festival, un colloque qui aborderait les problématiques du cinéma en région, non seulement du point de vue de la production, mais également de la diffusion (de l'exploitation au festival).

Ce colloque s'organisera selon les lignes directrices suivantes: des professionnels étrangers viendront raconter leur expérience de "Film Commission" dans leur pays. Les membres de "Cinéma Wallonie" expliqueront pourquoi ils souhaitent une telle organisation et ce qu'ils en attendent. Des représentants de l'Exécutif Régional viendront présenter le projet du "Fonds Wallon pour le Cinéma" (FOCIWALL).

Par secteur d'activités, les professionnels wallons qui le souhaitent pourront ensuite travailler en atelier, afin de présenter aux autorités régionales, mais aussi à un large aréopage des formations démocrates de la Région, leurs souhaits face à cette nouvelle institution. Les professionnels de la diffusion seront également appelés à faire un état de leur secteur de travail à l'heure actuelle et à interpeller autorités politiques et représentants de parti sur les initiatives qu'ils souhaiteraient voire prises par les institutions régionales dans leur secteur. Il semble tout particulièrement opportun d'intégrer le secteur de la diffusion à cette réflexion car aujourd'hui, en dehors des grandes capitales culturelles, l'offre d'un cinéma différent de celui des grandes sociétés commerciales est de plus en plus marginalisée, en dépit de nombreuses initiatives locales pour préserver une vraie diversité culturelle...

Pierre DUCULOT