w w w . c i n e m a w a l l o n i e . b e
Intervention de Jean-Jacques Andrien à la réunion du Collège Cinéma du 17/12/2007
La demande de l’UPFF d’étendre la domiciliation du demandeur de l’aide à Wallimage à l’ensemble de la Communauté française, voire à l’ensemble de la Belgique, touche au fondement même de Wallimage, à la raison pour laquelle nous avons voulu ce fonds : générer un effet structurant sur l'industrie naissante de l'audiovisuel en Wallonie
Quel serait dans ce cas l’effet structurant de Wallimage pour l’audio-visuel indépendant en wallonie quand on sait qu’aujourd’hui comme hier le principal de la production cinématographique et audio-visuelle est et reste localisé à Bruxelles. Qu’il existe quelques sociétés de productions en Wallonie mais pas de tissu productionnel.
Cette modification capitale de l’ouverture de la domiciliation ne ferait qu’accentuer ce déséquilibre et ôterait à Wallimage sa légitimité, sa raison d’être en ce qui concerne son intervention dans le financement des films.
Afin de résoudre le problème du sous-financement dont souffre notre cinématographie en Communauté française, ne conviendrait-il pas plutôt de finaliser la mise en place du Pôle bruxellois de l’audio-visuel (Bruxelles-image ) et de rechercher des formes de partenariat clair et équitable avec cette structure ? Cad non pas diriger le financement wallon vers Bruxelles ou la Flandre au détriment des potentialités audio-visuelles de Wallonie existantes mais de chercher à valoriser les possibilités respectives de chacun de ces Fonds pour générer un effet structurant sur l'industrie de l'audiovisuel en Wallonie, à Bruxelles voire en Flandres
Comment se prononcer rigoureusement et en termes plus précis sur ce point sans évaluer objectivement ce qu’a réalisé WI à ce jour ? Quelles sont les causes du fait que la production ne se structure toujours quasi pas en Wallonie malgré le travail considérable de WI ? Le secteur de la production en Wallonie reste émietté et fragile alors que ses potentialités existent.
Cette évaluation devrait se faire :
1) en termes de recettes (RNPP) revenant à WI résultant de l’exploitation du film / au niveau du prêt accordé et de la mise en participation, film par film ; cad cas par cas ;
2) en termes d’effet régional ; cad des retombées en termes de visibilité de la région dans l’œuvre, en région et ailleurs (festivals, autres pays, presse nationale et internationale …) film par film ; cad cas par cas ;
3) en termes d’effet structurant pour l’industrie du cinema et de l’audio visuel indépendant de Wallonie ; cad en termes de dépenses éligibles déclarées fiscalement en Wallonie sur des postes « structurant en audiovisuel » tels que :
- le producteur wallon (associé, exécutif ou délégué)
- les membres de l’équipe de production
- les régisseurs
- les prestataires de service en post prod et pré prod
- les labos / studios etc.
Je me limite à ces postes « productionnels » car nous pensons que les postes à caractère créatif tels que le réalisateur, le scénariste, le comédien, le directeur photo, l’ingénieur du son, le chef déco, l’ensemblier, l’habilleur, la script, le mixeur, le monteur etc . ne doivent pas faire partie des postes éligibles pour WI, d’une part, car nous pensons que ces collaborateurs créatifs doivent être choisis par affinité et en fonction de l’œuvre et non selon la domiciliation territoriale; et d’autre part, pour ne pas constituer une pression sur le producteur dans la constitution de son équipe selon les critères de WI ; ce qui revient à diminuer le % des dépenses éligibles à établir en fonction des éléments de l’évaluation.
4) en termes d’impact de la « valeur ajoutée » (des productions financées par WI) créée sur la croissance économique de la Wallonie.
5) en terme de contenu du scénario en ce qu’il a ou non, un impact sur les effets d’ordre économique sus mentionnés.
On ne résoud pas le problème des boîtes aux lettres en étendant la domiciliation à un ensemble plus large; cad en officialisant un effet pervers, un contournement de la règle, par rapport à la philosophie fondatrice de WI.
Nous pensons qu’il appartient à Wallimage de prévoir des critères de domiciliation qui assurent l'effectivité de celle-ci : durée, programme d'activité, stabilité d’emploi, ouverture d'un registre de commerce, matérialité de l'établissement , …
Cette évaluation du travail de WI à ce jour me semble le préalable nécessaire à toute décision concernant la domiciliation du demandeur de l’aide à la production à WI.
Je propose la constitution d’un petit groupe de travail issu de ce collège pour ce faire.