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POLITIQUE CULTURELLE
Tous, heureux du «tax shelter»
Guy Duplat.
Mis en ligne le 24/04/2003
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Bilan de la politique du cinéma par l'association des réalisateurs.Ils veulent faire sentir leur différence tout en se réjouissant des avancées déjà obtenues.
Vendredi dernier, le ministre des Finances, Didier Reynders, invitait les producteurs de films pour leur présenter le nouveau système de «tax shelter«, un important incitant fiscal qui devrait consolider notre cinéma. Marion Hnsel, les frères Dardenne et les autres s'en sont réjouis de même que Patrick Quinet président de l'union des producteurs de films (UPFF).
Hier, c'était au tour de l'association des réalisateurs (ARRF) de présenter son bilan. Crée il y a un an sous la présidence d'honneur d'André Delvaux, l'association réunit soixante réalisateurs (dont Chantal Akerman, Jean-Philippe Toussaint, Pierre-Paul Renders et Frédric Sojcher, son président). L'ARRF se réjouit aussi du «tax shelter» et des nouvelles avancées dans le financement d'un cinéma belge francophone en plein boom. Tout en soulignant elle aussi que les moyens de la commission de sélection du film devraient doubler.
Mais l'ARFF a tenu aussi à marquer sa différence («même si nous partageons les analyses de l'UPFF à 90 pc», explique Frédéric Sojcher). Si l'autre union, l'UPFF, rassemble certains grands réalisateurs (les frères Dardenne, Marion Hnsel, Jaco Van Doormael), c'est parce qu'ils sont aussi des producteurs. L'ARFF refuse qu'une seule association puisse représenter toute la profession et elle estime indispensable qu'existe aussi une association composée uniquement de réalisateurs. Les intérêts de ceux-ci pouvant être parfois opposés aux intérêts plus économiques des producteurs.
L'ARFF réclame d'être associé à la mise en place du «tax shelter», question de vérifier que cet incitant ne profite pas trop à des réalisateurs étrangers. Elle réclame aussi une aide spécifique aux films DV à petits budgets (les «low budget») qui pourraient être financés à 100 pc par la Belgique. Elle se réjouit des aides de «Wallimage» mais regrette que seuls les films à vocation de succès commercial seraient aidés.
Le ministre Richard Miller, présent hier, soutient l'ARRF. Il la finance, il l'a imposée à la commission de concertation et il souhaite que les réalisateurs soient représentés dans tous les organes de concertation. Il promet aussi d'ouvrir au sein de la commission de sélection des films un (petit) budget pour des films à ...petits budgets. Mais en soutenant l'ARRF, le ministre se venge-t-il des attaques vives que lui avait adressées l'autre association? «Nullement, répond-il. Cet incident là est clos, je suis simplement soucieux de donner leur place aux réalisateurs». L'ARFF avait refusé à l'époque de soutenir la démarche de l'UPFF, pas sur le fond (le besoin de refinancement) qu'elle soutient mais sur la forme trop ciblée contre Miller. Une attitude qui avait entrâiné le départ de Fédéric Fonteyne de l'ARFF.
© La Libre Belgique 2003